La parabole du bon grain et de l'ivraie
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Quand on regarde la série « The Chosen », on est interpellé par les paraboles de Jésus.
Les paraboles de Jésus sont de véritables petits trésors de sagesse : elles semblent simples, mais elles révèlent souvent plusieurs niveaux de lecture. Tout comme les mythes du philosophe Platon.
Quand on lit toutes les paraboles ensemble, on découvre qu’elles parlent presque toujours des mêmes grands thèmes : comment grandir, comment aimer, comment traverser les épreuves, ce que nous faisons de nos dons, ce qui mérite vraiment d’être recherché, ce qui doit être retrouvé…
En réalité, elles racontent toutes le même voyage : celui de l’âme humaine.
On y retrouve la structure des grands récits symboliques que l’on rencontre partout dans le monde : partir, chercher, tomber, apprendre, retrouver un trésor et revenir transformé.
C’est peut-être pour cela que les paraboles de Jésus continuent à parler à tant de lecteurs deux mille ans plus tard. Elles ne s’adressent pas seulement à l’intelligence ; elles parlent directement à l’imaginaire et au cœur.
Je vous propose d’en aborder certaines au fil de ce blog, que l’on retrouve d’ailleurs dans la série pour expliquer et mettre en lumière ce partage de savoir universel qui dépasse les religions.
Etudions : La parabole du bon grain et de l'ivraie
Elle se trouve dans l'Évangile selon Matthieu 13,24-30.
Jésus raconte : Un homme sème de bonnes graines dans son champ. Il a choisi une belle semence, une graine de qualité, et il la confie à la terre. Puis il rentre chez lui. Pendant la nuit, alors que tout le monde dort, un ennemi vient. Il sème de l'ivraie au milieu du blé. L'ivraie est une mauvaise herbe qui ressemble beaucoup au blé lorsqu'elle commence à pousser. Puis l'ennemi repart.
Le temps passe. Les plantes grandissent. Les serviteurs du maître découvrent quelque chose d'étrange : « Maître, n'as-tu pas semé une bonne semence dans ton champ ? D'où vient donc cette ivraie ? » Le maître répond : « C'est un ennemi qui a fait cela. » Alors les serviteurs demandent : « Veux-tu que nous allions l'arracher ? ».
Et là vient une réponse surprenante du maître : « Non, de peur qu'en arrachant l'ivraie, vous n'arrachiez aussi le blé. Laissez-les croître ensemble jusqu'à la moisson ».
Au moment de la récolte, il dira aux moissonneurs : « Ramassez d'abord l'ivraie et liez-la en gerbes pour la brûler. Puis recueillez le blé dans mon grenier".
L'explication donnée par Jésus
Les disciples lui demandent le sens.
Jésus explique :
- Celui qui sème la bonne semence, c'est le Fils de l'homme.
- Le champ, c'est le monde.
- La bonne semence représente les enfants du Royaume.
- L'ivraie représente le mal.
- L'ennemi représente le diable.
- La moisson représente la fin des temps.
Mais il y a un message encore plus subtil...
La première réaction des serviteurs est : « Allons arracher l'ivraie ! ». C'est une réaction très humaine.
Nous voulons supprimer immédiatement ce qui nous dérange :
- les personnes qui nous déçoivent
- ceux que nous jugeons mauvais
- nos propres défauts
- nos erreurs passées
Mais le maître dit : Attention. En voulant arracher le mal trop vite, vous risquez d'abîmer aussi le bien.
Une lecture intérieure
Le champ peut être notre propre cœur.
Nous avons tous :
- du blé : nos qualités, notre amour, nos talents, nos élans généreux ;
- de l'ivraie : nos peurs, nos blessures, nos colères, nos contradictions.
Si nous cherchons à éliminer brutalement une partie de nous-mêmes, nous pouvons parfois détruire aussi une partie de notre croissance.
Certaines faiblesses, avec le temps et la compréhension, peuvent devenir des forces.
Une autre grande leçon : la patience
Jésus enseigne ici que tout n'est pas visible immédiatement. Une jeune pousse peut ressembler à une mauvaise herbe. Une personne peut sembler perdue et pourtant changer. Un événement douloureux peut porter un fruit inattendu des années plus tard. Il faut parfois attendre la « moisson » pour comprendre.
Moralité : Parfois, ce que nous appelons une « mauvaise graine » dans notre vie devient, après transformation, une occasion de maturité. Une erreur peut ainsi devenir une étape nécessaire pour grandir. Cette parabole porte exactement cette idée.
Le maître ne dit pas : « Le mal n'existe pas ». Il dit : « Ne te précipite pas pour juger. Laisse le temps révéler ce qui est vraiment en train de pousser. »