La parabole des talents
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Quand on regarde la série « The Chosen », on est interpellé par les paraboles de Jésus.
Les paraboles de Jésus sont de véritables petits trésors de sagesse : elles semblent simples, mais elles révèlent souvent plusieurs niveaux de lecture. Tout comme les mythes du philosophe Platon.
Quand on lit toutes les paraboles ensemble, on découvre qu’elles parlent presque toujours des mêmes grands thèmes : comment grandir, comment aimer, comment traverser les épreuves, ce que nous faisons de nos dons, ce qui mérite vraiment d’être recherché, ce qui doit être retrouvé…
En réalité, elles racontent toutes le même voyage : celui de l’âme humaine.
On y retrouve la structure des grands récits symboliques que l’on rencontre partout dans le monde : partir, chercher, tomber, apprendre, retrouver un trésor et revenir transformé.
C’est peut-être pour cela que les paraboles de Jésus continuent à parler à tant de lecteurs deux mille ans plus tard. Elles ne s’adressent pas seulement à l’intelligence ; elles parlent directement à l’imaginaire et au cœur.
Je vous propose d’en aborder certaines au fil de ce blog, que l’on retrouve d’ailleurs dans la série pour expliquer et mettre en lumière ce partage de savoir universel qui dépasse les religions.
Etudions : La parabole des talents
Elle se trouve dans l'Évangile selon Matthieu 25,14-30.
L'histoire
Un homme riche s'apprête à partir pour un long voyage. Avant de partir, il confie ses biens à trois serviteurs. À l'un, il donne cinq talents. À un autre, deux talents. Au troisième, un seul talent. À l'époque, un talent n'était pas une aptitude mais une énorme somme d'argent. Le maître distribue à chacun selon ses capacités. Puis il part. Le premier serviteur fait fructifier ses cinq talents et en gagne cinq autres. Le deuxième fait de même avec ses deux talents et en gagne deux autres. Mais le troisième a peur. Il creuse un trou dans la terre et y cache le talent qui lui a été confié. Il ne perd rien, mais il ne gagne rien non plus.
Après longtemps, le maître revient. Il félicite chaleureusement les deux premiers : « C'est bien, bon et fidèle serviteur. Tu as été fidèle en peu de choses, je t'en confierai de plus grandes. Entre dans la joie de ton maître. » Puis vient le troisième. Il restitue simplement le talent reçu : « J'avais peur. Alors je l'ai caché dans la terre. Voici ce qui t'appartient. » Le maître lui reproche alors de n'avoir rien fait de ce qui lui avait été confié.
Le sens traditionnel
Dieu confie à chacun des dons, des capacités, des responsabilités. L'important n'est pas la quantité reçue. L'important est ce que l'on en fait. Celui qui a reçu cinq talents n'est pas plus aimé que celui qui en a reçu deux. Les deux reçoivent exactement la même récompense.
Pourquoi ? Parce qu'ils ont utilisé ce qui leur avait été donné.
Une lecture très profonde
Le personnage tragique n'est pas le paresseux. C'est le peureux. Il dit : " J'avais peur". C'est la peur qui l'empêche d'agir. La peur d'échouer. La peur de se tromper. La peur de perdre. La peur du jugement.
Combien de livres n'ont jamais été écrits à cause de la peur ? Combien d'artistes n'ont jamais créé ? Combien de personnes n'ont jamais suivi leur vocation ?
Cette parabole prend une couleur particulière pour les artistes
Les talents ne sont pas seulement des compétences.
Ce sont :
- Le goût pour la transmission
- L'imagination
- Le sens du symbole
- L'écoute des autres
- La capacité à rendre accessibles des sujets complexes
La question que pose cette parabole est : « Que fais-tu de ce qui t'a été confié ? ». Pas : « Es-tu parfaite ? ». Pas : « As-tu réussi plus que les autres ? ». Simplement : « Fais-tu fructifier ce que tu as reçu ? ».
Un détail magnifique
Le mot « talent » a fini par changer de sens grâce à cette parabole. À l'origine, c'était une monnaie. Aujourd'hui, quand nous parlons d'un talent artistique, littéraire ou pédagogique, c'est indirectement à cause de cette histoire de Jésus.
La leçon en une phrase
Si je devais résumer cette parabole en une seule phrase, ce serait :
Le plus grand risque n'est pas d'échouer ; c'est de laisser dormir les dons qui nous ont été confiés.
Et je crois que c'est l'une des raisons pour lesquelles cette parabole touche autant les écrivains, les artistes, les enseignants et tous ceux qui sentent qu'ils ont quelque chose à transmettre au monde.
D'ailleurs, il existe une autre parabole moins connue mais absolument magnifique : celle de la brebis perdue, qui montre comment Jésus considère chaque être humain comme unique et précieux. C'est l'une des plus tendres de toutes.
Je la développe dans un autre post.