La parabole du « mauvais riche » ou le riche et Lazare.
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Quand on regarde la série « The Chosen », on est interpellé par les paraboles de Jésus.
Les paraboles de Jésus sont de véritables petits trésors de sagesse : elles semblent simples, mais elles révèlent souvent plusieurs niveaux de lecture. Tout comme les mythes du philosophe Platon.
Quand on lit toutes les paraboles ensemble, on découvre qu’elles parlent presque toujours des mêmes grands thèmes : comment grandir, comment aimer, comment traverser les épreuves, ce que nous faisons de nos dons, ce qui mérite vraiment d’être recherché, ce qui doit être retrouvé…
En réalité, elles racontent toutes le même voyage : celui de l’âme humaine.
On y retrouve la structure des grands récits symboliques que l’on rencontre partout dans le monde : partir, chercher, tomber, apprendre, retrouver un trésor et revenir transformé.
C’est peut-être pour cela que les paraboles de Jésus continuent à parler à tant de lecteurs deux mille ans plus tard. Elles ne s’adressent pas seulement à l’intelligence ; elles parlent directement à l’imaginaire et au cœur.
Je vous propose d’en aborder certaines au fil de ce blog, que l’on retrouve d’ailleurs dans la série pour expliquer et mettre en lumière ce partage de savoir universel qui dépasse les religions.
Etudions : Le « mauvais riche » : le riche et Lazare.
Elle se trouve dans l'Évangile selon Luc 16,19-31.
L'histoire
Il y avait un homme très riche. Il s'habillait de pourpre et de lin fin, les vêtements les plus luxueux de son époque. Il faisait chaque jour de somptueux festins. Devant sa porte se trouvait un pauvre nommé Lazare. Lazare était couvert d'ulcères. Il avait faim. Il espérait simplement recevoir les miettes tombant de la table du riche. Même les chiens venaient lécher ses plaies.
Puis les deux hommes moururent. Lazare fut porté auprès d'Abraham dans le Royaume de Dieu.
Le riche, lui, se retrouva dans un lieu de souffrance. Voyant Lazare de loin auprès d'Abraham, il demanda : « Père Abraham, envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l'eau pour rafraîchir ma langue. » Mais Abraham répondit : « Pendant ta vie, tu as reçu tes biens, tandis que Lazare a connu les maux. Maintenant il est consolé et toi tu souffres. »
Le riche supplia alors : « Alors envoie Lazare prévenir mes frères afin qu'ils ne viennent pas ici ! » Abraham répondit : « Ils ont Moïse et les prophètes ; qu'ils les écoutent. » Et lorsque le riche dit qu'un mort ressuscité les convaincrait davantage, Abraham conclut : « S'ils n'écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne seront pas convaincus même si quelqu'un ressuscite d'entre les morts. »
Que reproche Jésus au riche ?
Fait remarquable : Jésus ne dit jamais que le riche était malhonnête, voleur ou violent. Son péché est plus subtil. Il est indifférent. Chaque jour, il passe devant Lazare sans le voir. Le pauvre est à sa porte, mais il n'existe pas pour lui.
Le vrai problème
Ce n'est pas la richesse en elle-même. C'est le cœur fermé. Le riche vit dans l'abondance alors qu'un homme souffre juste devant lui. Il ne manque pas d'argent. Il manque de compassion.
Une lecture spirituelle
Lazare signifie en hébreu : « Dieu aide ».
Lazare représente tous ceux qui semblent oubliés :
- Les pauvres
- Les exclus
- Les malades
- Les personnes seules
- Ceux que la société ne regarde plus
Le riche représente l'être humain qui vit dans son confort et ne voit plus la souffrance autour de lui.
Une lecture intérieure
Comme souvent chez Jésus, les personnages peuvent aussi représenter des parties de nous-mêmes.
Le riche peut symboliser notre ego, notre confort, nos habitudes.
Lazare peut représenter une part blessée de notre âme que nous laissons à la porte sans l'écouter.
La parabole nous demande : Qu'est-ce qui, en moi, est affamé, abandonné ou oublié ?
La phrase finale est fascinante
« Même si quelqu'un ressuscite d'entre les morts, ils ne seront pas convaincus ».
Pour les chrétiens, cette phrase est souvent vue comme une annonce de la propre résurrection de Jésus. Jésus semble dire : « Le problème n'est pas le manque de signes. Le problème est la fermeture du cœur. » On peut voir des miracles et rester aveugle. On peut recevoir la vérité et ne pas vouloir la regarder.
Cette parabole est particulièrement actuelle. Elle ne condamne pas la réussite, mais elle nous rappelle que la valeur d'une vie ne se mesure pas à ce que nous possédons, mais à notre capacité à voir ceux qui sont assis devant notre porte.